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Dix
pierres tombales en granit ont été transférées
dans l'église Saint Christophe de la Blouère en 1991.
Ces monuments funéraires appelés
cénotaphes, ont certainement recouvert les sépultures
(aujourd'hui disparues) de frères chapelains, de chevaliers
et de servants d'armes. Ils rappellent la présence, dans le
bourg de Villedieu, du manoir et de la chapelle d'une commanderie
de l'ordre du temple (commanderie de Villedieu-en-Plaine-Perche)
dévolue, après la disparition des templiers en 1312,
à l'ordre de l'Hôpital-Saint-Jean-de-Jérusalem,
dit ordre de Malte à partir de 1530.
Véritable châtellenie, cet établissement
seigneurial était doté de terres en fief,
de privilèges et de droits de justice s'étendant sur
de nombreuses paroisses alentour.
Pour le spirituel, la commanderie relevait, comme la plupart des abbayes
et prieurés, du Saint-Siège. Quant au temporel, elle relevait
du prieuré d'Aquitaine dépendant de la Langue de France.
Chaque commandeur affermait le plus souvent son bénéfice
à un intendant. Les plus anciennes commanderies apparaissent au 12e siècle mais surtout au 13e siècle.
Au début du 14e siècle, on augmente le nombre
de servants d'armes dans chaque commanderie pour veiller à
la garde des domaines.
Par la suite, la guerre de Cent Ans vient perturber l'exploitation
et justifie la reconstruction du manoir et de
la chapelle au milieu du 15e siècle (rasés en
1869 pour ériger l'église Saint-Jean-Baptiste de
Villedieu).
Ces cénotaphes, pierres tombales élevées
en bâtière (deux pentes), sont gravés de symboles
et d'arcatures ogivales.
Ils semblent donc dater des 13e et 14e siècles.
La fleur de lys est, au 13e siècle,
l'expression de trois vertus : foi, sagesse et chevalerie et un
symbole de souveraineté.
En ce milieu du Moyen-Age, la fleur de lys devient la figure héraldique
de la Vierge, adoptée par de nombreux dignitaires religieux
puis par les rois de France. Le vase (symbole
du tombeau du Christ) observé sur l'une des pierres, rappelle
que l'ordre était défenseur du Saint-Sépulcre
à Jérusalem. |